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226        .                LA REVUE LYONNAISE
   A la proposition du souverain Pontife, les ambassadeurs du roi
d'Angleterre se levèrent et le comte Rigod, faisant allusion sans
doute à la fameuse charte du roi Jean, déclara qu'il s'opposerait à
]a transcription de certains privilèges accordés au Saint-Siège par
le roi d'Angleterre, parce que les grands du royaume n'y avaient
pas légalement consenti. Les ambassadeurs de l'empereur Frédéric
tirent peu de résistance. La transcription en fut faite de l'approba-
ion de tous et revêtue du sceau du Pape et des prélats. On y joi-
gnit une foule d'autres diplômes, de traités émanés des souverains
depuis le dixième siècle jusqu'au milieu du treizième. Quatre-vingt -
deux diplômes principaux distribués sur dix-sept rouleaux, où pen-
daient encore, tout à fait intacts avant la Révolution, près des sept
cents sceaux des quarante Pères du concile, renfermaient les ri-
chesses de ce précieux dépôt.

Larochefoucaud, alors abbé de Gluny, qu'on lui cédât l'exemplaire que possédait son
 abbaye. On dut lui i épondre que c'était un dépôt dont on ne pouvait se dessaisir ;
 mais on offrit une copie qu'il accepla et qui fut faite par Dom Dumont, lequel fut
depuis, prieur de Sousetlanges.
   M. Lorain ajoute ensuite : « Cette simple copie eût-elle été accceptée par Rome, si
les originaux eux-mêmes se fussent encore trouvés au Vatican? » (p. 196.)
   La Bibliothèque nationale a été assez heureuse pour retrouver l'une de ces copies,
 et voici en quels termes en parle son savant directeur dans ses Mélanges de Paléo-
graphie et de Bibliographie, publiés par lui en 1880, chez Champion:
   « A défaut des originaux nous recueillons avec un égal empressement les copies
et les extraits qui peuvent en tenir lieu. On sait de quels secours les copies faites
au xvm° siècle, par Lambert de Barive, ont été et sont encore pour la collection
qu'avait préparée Auguste Bernard et que M. Bruel publie dans les Document inédits
de L'histoire de France. On sait aussi que sans copies, Harillard Bréholles n'aurait
jamais pu rétablir en entier le texte des rouleaux de Gluny. Le seui de ces rouleaux
qui subsiste en original et qui porte chez nous le n° 8.989 du fonds latin, donne une
idée bien complète des instruments solennels que le pape Innocent IV fit dresser au
concile de Lyon en 1245, pour assurer la conservation des privilèges que les empe-
reurs et différents princes avaient accordés au Saint-Siège. » Mais les nombreux
sceaux attachés à ce rouleau manquaient; quelque alchiviste ignorant les en'avait
détachés pour en faire sans doute un Usage quelconque, de même que l'un des conser-
vateurs de nos archives départementales du Rhône allumait son poêle avec les sceaux
en cire des chartes dont il avait la garde..'. Mais M. Lèopold Delisle, cet infatigable
et heureux chercheur, s'il n'a pas pu retrouver les originaux des sceaux du rou-
leau de 1245, a pu néanmoins en fournir un dessin etune description complète. Je
crois devoir reproduire ici tout ce que M. Delisle a écrit sur Je célèbre rouleau, exécuté
sans nul doute, à Lyon, sous les yeux d'Innocent IV pendant son long séjour dans
cette ville au couvent de Saint-Just, avec toute sa cour.
   « Le rouleau de 1245, dit-il p. 406, présentait une lacune, puisqu'une main bar-
bare en avait arraché les sceaux qui garantissaient la fidélité des transcriptions. J'ai
donc éprouvé une agréable surprise quand, ayant rencontré dans une liasse de pa-
piers soumis à mon examen par un bouquiniste, une longue bande sur laquelle étaient