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DE LYON A G E N È V E AU X V I I * SIECLE 57 nous remîmes une gratification de quelques pièces de monnaie aux Suisses qui s'y trouvaient de garde, afin d'obtenir plus tôt l'autorisation de nous mettre en route, après vérification faite du bulletin-que nous devions emporter de Lyon1. Nous gravissons d'abord un coteau escarpé et planté de vignes, en laissant, à notre droite, le Rhône, qui coule au fond de la val- lée. Puis nous traversons quelques villages peu connus 8 , avant d'arriver, après une marche de 3 milles au bourg de la Boisse3, où nous soupâmes à l'auberge du Moi/ton. Nous n'avions pu, en effet, nous séparer qu'assez tard de nos amis de Lyon. Le jour suivant, nous traversons le pays delà VerbonneA, situé Kousse et se dirigeait par Caluire, vers Rillieux et Neyron. C'est bien aussi cette même route qui a servi, pendant tout le moyen âge, de voie de communication entre Lyon et Genève, comme nous l'apprend notamment le récit, publié tout récemment, de l'extradition d'un Genevois, accusé de plusieurs vols commis à Genève et qui se trouvait, en 1429, dans les prisons royales de Lyon. Pour obtenir la remise du pri- sonnier, l'un des syndics de Genève, nommé Pierre de Fer, se rendit lui-même dans notre ville. Or cette remise eut lieu sur une place située au-dessous de la maison forte de Cuire, c'est-à -dire dans le voisinage du lieu où la route de Genève aboutissait dans notre ville. (V. le Moniteur judiciaire de Lyon, du 31 janvier 1881). * 11 s'agissait là d'un certificat de bonne santé, comme Golnitz nous l'apprendra plus loin, quand il quitta Lyon, lors de son second voyage dans notre ville, 2 La route, suivie par Golnitz, traversait successivement Caluire, Rillieux, Ney- ron, la Ville, hameau de Miribeî et Saint-Maurice de Beynost, d'où elle se diri- geait vers la Boisse, première étape où s'arrêta notre voyageur. 3 La Boisse, commune du canton de Montluel. * La Valbonne. Ce nom est donné à la vaste plaine qui s'étend de Miribel jusque sous le coteau du village de Loyes. D'après M. Révérend du Mesnil, qui a publié une monographie intéressante sur la Valbonne, ce serait dans cette plaine que s'acheva, entre Albin et Septime-Sévère, la grande bataille qui livra à ce dernier l'empire du monde. Un acte du 26 septembre 1556, rapporté par cet auteur, fait mention, à plu- sieurs reprises, de l'existence de l'ancienne route de Lyon à Genève, sur le territoire de l'ancien mandement de la Valbonne. Nous y voyons ainsi que, dans une certaine partie de son parcours, elle portait le nom de Chemin de Lyon aux Baraques, tandis qu'ailleurs, le même document nous apprend que cette ancienne route avait été rectifiée depuis quelque temps, dans le voisinage de Meximieux. Il y est fait men- tion, en effet, du chemin vieux et ancien de Lyon à Genève, avec des indications topographiques qui permettraient de retrouver, sans trop de difficultés, sur les lieux, l'emplacement exact de l'ancienne voie romaine. Dans un autre passage, le même acte nous parle du chemin neuf de L^yon à Genève, passant par le village de la Valbonne, ce qui nous apprend aussi que la route rectifiée au XYI° siècle, celle que, sans aucun doute, suivit Golnitz, ne passait point, comme la route actuelle, à Montluel et à Meximieux, mais se dirigeait de la Boisse vers le village de Balan, pour tra- verserensuite le hameau de Ghane, dépendant de Béligneux et celui delà Valbonne, situé au midi et sur le territoire de la commune de Pérouges, d'où elle gagnait di- rectement à travers la plaine, le bourg de Chazey-sur-Ain. (V. Révérend du Mesnil, La Valbonne, ètymologie et histoire, p. 146).