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UNE
ÉVASION A PIERRE-SCIZE
En 1775
, L y a quelques mois, profitant de la gracieuse
hospitalité de mon excellent ami, le comte de
Prunelé, je jouissais de tous les agréments de
la vie à la campagne. Ce n'est pas que cette partie de la
Franche-Comté, où est situé le vieux manoir de Fondre-
mand, soit bien séduisante. Loin de là ; le pays est géné-
ralement plat et couvert de bois, entrecoupé parfois de
petits mamelons de terres cultivées entourant des fermes
banales : rien de pittoresque.
Mais on était si bien dans cette maison amie ; les hôtes
si bons, les commensaux si aimables, que les promenades
à travers champs n'étaient point monotones, et le soir, au
coin du feu, quelles délicieuses causeries dans cette affec-
tueuse intimité !
Un matin, la pluie faisait rage, et les chemins transfor-
més en rivières, interdisant toute promenade pour le reste
de la journée, je m'étais réfugié dans la bibliothèque où il
m'arrivait souvent de passer de longues heures.