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440                   I-A PIERRE A ÉCUELLE
aux galeries des mines de houille : dans notre siècle d'é-
goïsme, ses propriétaires n'ont songé qu'à encaisser le prix
de leurs arbres, sans penser à reboiser ses pentes pour leurs
descendants.
   Ce monticule, d'où la vue est magnifique sur toute la
plaine et sur les montagnes environnantes, porte le nom
étrange de Suc de la Violette : cette appellation est bien faite
pour faire rêver l'étymologiste, qui, en considérant l'ortho-
graphe moderne, y chercherait en vain l'humble violacée
qu'elle rappelle, cette plante si douce, symbole, chez les
vieux Celtes, de l'innocence et delà virginité.
   Le suc, c'est le su celtique, le sommet arrondi de la hau-
teur ( i ) : à la san Lu, dit un proverbe patois, Vhivar est
au su.
   La violette, c'est la transformation populaire d'un autre
nom patois, le violet (2), que Rochefort explique comme
étant la petite voie dans l'ancien langage français ; or, le suc
de la violette confinait à un vieux chemin, iter velus ou an-
tiquiim (3), passant par Périgiieux, dont une branche allait
à Saint-Rambert et l'autre à Saint-Galmier, par Saint-Mar-
cellin, Suty, Veauchette, etc. Ce monticule, nous ne le
rappellerions pas pour l'étrangeté seule du nom, si son sol
encore vierge ne laissait parfois paraître à la lumière des
débris enfouis de la plus haute antiquité. A la suite des
pluies violentes qui dégradent ses pentes, il se forme, à tra-


   (i) Suc, supl ou su ; P. Gras, Dict. du patois forézien.
   (2) Violetum, diminutif de violus d'après le Glossaire de Ducange. —
P. Gras donne également, toc. cil. le mot violet, sentier, chemin à talons.
   (3) Voy. la note 406 des Voies antiques déterminées par les hôpitaux du
Moyeu-Age, par M. Guigue, quicite iter publicuin tendens de Ragneherto
versus Payriniacum (Terrier de Verrières, de 1372, f° 49) et iter anticum
de Samto Marcellino apud Payriniacum (terrier de St-Marcellin de 1395,
f° 68).