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                       LA MER SAHARIENNE                 ^05

en ses parties les plus hautes, situées probablement au sud-
ouest de la presqu'île des Béni-Mzab, dans les régions com-
plètement inconnues qui dépendent du Maroc. Rien n'em-
pêche d'admettre, d'ailleurs,que les points culminants aient
formé autant d'îles mentionnées, comme nous le verrons
plus loin, par les plus anciennes traditions qui nous soient
parvenues sur ces contrées et qui concordent singulièrement
en leurs moindres détails avec ce que l'on peut induire de
l'état actuel des lieux.
   Si l'on n'admet pas que le sol du désert ait été formé par
les dépôts d'une mer récente, il devient nécessaire de bâtir
une théorie d'exceptions pour expliquer soit les lacs salés
des Chotts, soit le gypse du désert, soit encore les grands
courants d'eau qui ont raviné le lit des Oued et amoncelé
les dépôts de cailloutis épars çà et là sur la surface du
Sahara. Qu'est-ce qu'un lac salé qui n'aurait jamais com-
muniqué avec la Méditerranée et n'en serait pas un relai ?
D'où viendraient ces masses de sel et de gypse qui imprei-
gnent les sables d'alentour? M. Largeau paraît croire (1)
que ce sont les eaux pluviales qui ont lavé de vastes espa-
ces, dissous les sels qui s'y trouvaient disséminés et les ont
transportés au fond des dépressions où ils se sont accumu-
lés après l'évaporation du liquide qui leur avait servi de
véhicule. Mais c'est là une hypothèse toute gratuite, en
contradiction avec les faits observés partout ailleurs. Les
roches qui pourraient fournir de pareilles masses de sels
natifs sont très rares et très bien connues ; aucune d'elles
n'a été rencontrée dans le Sahara, composé de terrains mo-
dernes, lesquels ne sont salés que lorsqu'ils proviennent de
dépôts marins récents. Supposer que les lacs salés du dé-



  f i ) V. Largeau, Le Pays de Rirha, passim.