Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
344              L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE

Les sœurs ayant quitté leur costume s'étaient dispersées
 sans cesser cependant, autant que les circonstances le
permettaient, d'enseigner isolément, les unes à la ville, les
autres à la campagne.
  En 1802, le maire de Lyon, M. de Charpieux, sentit le
besoin de s'occuper de l'éducation des enfants si longtemps
abandonnée. Il mit tous ses soins à rouvrir des écoles. Déjà,
en 1800, un ancien frère s'était associé à un jeune laïque et
avait ouvert une école pour les enfants pauvres, dans la rue
Saint-Romain. Le cadinal Fesch l'entoura de toute sa solli-
citude. Il fit venir de Rome le frère Frumence, supérieur
général de la congrégation, qui fut autorisé à résider en
France. Ce fut la seule condition qu'exigea le premier
consul, qui accueillit avec faveur la demande de son oncle
sur le rapport que lui en fit Portalis.
    La municipalité de Lyon s'était, pour les écoles de
filles, adressée à la congrégation des sœurs de Saint-Char-
les dont le noyau existait toujours. Au mois de novembre
 1802, le maire les installa, au nombre de 16, au Petit-Col-
lège. Elles ouvrirent des écoles dans les différents quartiers
de la ville, et au bout de deux ans, le Petit-Collège devint
trop étroit pour la communauté qui alla s'installer dans une
vaste maison de la rue Tramassac. En 1807, elles allèrent
 se fixer dans l'ancien monastère des Bleues-Célestes, côte
des Carmélites, qu'elles occupent encore aujourd'hui.
    En 1804, le frère Frumence, avec d'autres anciens frères
qu'ils avaient rassemblés, remplacèrent les sœurs au Petit-
Collège. Cet établissement devint la maison principale de
l'institut, la résidence du supérieur, du noviciat et le séjour
des frères qui se rendaient dans les différents quartiers de
la ville où des écoles avaient été ouvertes. Les frères rou-
vrirent les anciennes écoles que dirigeaient, avant 1789, les
clercs du séminaire de Saint-Charles. Le Petit-Collège de