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64             PETITES NOUVELLES LYONNAISES

vcc un peu de tact et de bonne volonté on pourrait les con-
cilier avec le respect du passé. Aucune ville de France
n'est aussi riche que Lyon en merveilles d'architecture,
en précieuses épaves de la sculpture et de la ferronnerie des
siècles précédents, et aucune ville n'a aussi peu de souci de
les conserver et de les entretenir. Depuis les premières,
années de notre jeunesse, nous en avons vu disparaître un
grand nombre ; leur perte n'a eu souvent que des compen-
sations douteuses et souvent aussi on aurait pu les sauver
sans négliger des améliorations utiles.
    Ainsi, en ouvrant le boulevard de la Croix-Rousse et en
 détruisant la séparation résultant du mur insignifiant de
 l'octroi, il eût été à propos de conserver deux ou trois bas-
tions inoffensifs, types intéressants de l'architecture mili-
taire. Ils avaient le mérite de rompre la monotonie de ce
parcours et d'être un premier plan de grande valeur pour la
 perspective.
    Et la colonne de la place des Cordeliers, si élégante dans
 ses proportions ? elle devenait un obstacle dans ce nouveau
carrefour; ce n'était pas une raison pour la détruire; rien
n'était plus facile et plus sensé que de la transporter sur une
autre place, sur la place des Jacobins, par exemple, ou,
comme l'avait proposé M. Dardel, à une extrémité de la
place de Lyon, en lui donnant une compagne à l'autre ex-
trémité. Ces deux monuments, sans gêner la vue, auraient
corrigé l'aspect disgracieux des maisons d'angle.
    Et la fontaine de la place Saint-Michel, modèle original
et caractéristique du dix-huitième siècle ? quelques coups
de ciseau l'auraient remise en bon point et nous n'aurions
pas cette fontaine de pacotille avec sa vulgaire ornementa-
tion de fonte.
    Quelques regrets aussi à des démolitions récentes, à la
maison de la rue Saint-Paul, n° 14, au n° 21 delà rue