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   suis plus attaché que jamais par les liens les plus forts et
   les plus inviolables de l'estime, de la considération, de l'a-
   mitié et de la reconnaissance. Je sens, comme je le dois,
   tout le prix du zèle que vous avez témoigné dans cette occa-
   sion pour la justice, pour mes intérêts, et, j'ose le dire,
   pour ceux de tous les gens de lettres ; car cette affaire les
  regarde aussi bien que moi. Je dois vous savoir d'autant plus
  de gré de ce zèle, que ce n'est point par votre conseil, comme
  on le débite très-faussement, mais par celui de mes amis
  de Paris et par mes propres réflexions , que je me suis dé-
  terminé à me plaindre des invectives du P. Tolomas au
  corps littéraire dont ce jésuite est membre. Je suis, Mon-
  sieur, fort éloigné de me repentir d'avoir pris ce parti, parce
  qu'il s'en faut bien que je l'aie pris à la légère et sans avoir
  prévu ce qui pouvoit en résulter. Je ne me suis déterminé à
  écrire à la Société de Lyon qu'au bout de deux mois et après
  m'être bien assuré que le discours du P. Tolomas conte-
 noit non-seulement des injures littéraires grossières que je
  méprise et sur lesquelles je me serois fait une loi de garder
 le silence, mais des personnalités absurdes et odieuses. Je
 me suis borné dans ma lettre à demander avec tous les égards
 qu'on doit à un corps , ou une attestation qui justifiât le jé-
 suite, ou une réparation que je laissois absolument au choix
 de l'Académie, et sur laquelle je ne me serois pas rendu dif-
 ficile. La Société de Lyon, dans sa réponse équivoque et
tortueuse, élude maladroitement mes propositions sans y
 répondre. Elle ne nie point que le P. Tolomas ait insulté ;
elle se contente de dire que ce jésuite le nie, et toutes les
attestations que je demande se réduisent à celle du P. Bé-
raud, confrère de l'agresseur. Les meilleurs sujets de celte
Société, qui ont assisté à la harangue et que je ne connois
nullement, avec lesquels enfin je n'ai eu aucun commerce
de lettres, déclarent cependant qu'ils ne peuvent ni signer
ni me donner le certificat que je désire. Le P. Tolomas,
d'un autre côté, m'écrit sans leur avoir communiqué sa lettre,