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 l'œil puisse s'arrêter, el l'intérêt s'attacher; traité par partie
 et d'une manière inégale, le défaut principal de ce tableau,
 est pour nous le manque d'ensemble et d'effet; tout cela a
 été sacrifié à l'esprit d'une multitude de détails qui ne suffi-
 sent pas pour faire une bonne composition. C'est toujours
 avec u n vif sentiment de déplaisir que nous voyons un artiste
 en pleine voie de succès, se livrer à ces débauches de pinceau
 qui ne font rien pour sa réputation.
    Les sujets de sainteté sont si r e b a t t u s , qu'il semble impos-
 sible de les traiter aujourd'hui sans tomber malgré soi dans
l'imitation; M. Perlet a évité cet écueil, et a su, avec les
moyens les plus simples nons donner du bon et de l'original;
sa Sainte Philomène, d'un pose noble et sans recherche, a une
expression de tète si gracieusement poétique, ses belles
mains d'une forme presqu'antique ont été si délicieusement
modelées par le pinceau caressant de l'artiste, le coloris en
est si suave , que je ne sais ce qu'il faut le plus louer, ou
du ton des chairs ou de leurs contours. Le dessin bien sou-
tenu de celle figure est correct, sans m a n i è r e , et bien étudié.
M. Perlet qui met toujours beaucoup d'esprit dans ses com-
positions n'a pas été en défaut pour celle-ci, il a placé fort
adroitement les instruments du supplice de la sainte, dans
une teinte vague, q u i , en faisant bien valoir la figure prin-
cipale , dérobe des détails toujours repoussants et qui d'ail-
leurs auraient rompu celte grande h a r m o n i e , cette tranquil-
lité d'ensemble qui n'est pas, selon nous, le moindre mérite
de ce tableau. On a reproché à l'artiste un peu d'exagération
dans la longueur du b u s t e , sans réfléchir que celte compo-
sition de style Péruginesque, avait tout le caractère des p r o -
ductions du moyen-âge, où les corps sveltes , le mouvement
droit et sévère des draperies, contribuent à effiler encore la
forme. Les genoux el les pieds sont d'ailleurs suffisamment
indiqués pour comprendre que les vêtements de la sainte r e -
couvrent une partie du nuage sur lequel elle est agenouillée.
  Galhs,    que nous avons entendu comparer à un vieux ta-