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189 d'Oncieux, surlaBresse, et enfin dans les plaines dauphinoises, on peut reconnaître des portions entières de couches enlevées par les courants diluviens; les surfaces de ces régions sont fréquemment comme si elles avaient été bêchées, si l'on peut s'exprimer ainsi, ou mieux encore, elles offrent dans leurs saillies et concavités, dans la disposition et la configuration de leurs caps, la forme que tendraient à leur imprimer les rico- chets d'un boulet, ou enfin ceux d'une puissante lame d'eau, mise en mouvement par une impulsion subite et énergique. De là , une série de faits inséparables les uns des autres, et qui, indépendamment des blocs erratiques que l'on trouve toujours dans le voisinage de ces érosions , ne peut s'expli- quer sans l'intervention d'une pareille masse d'eau qui aurait franchi les cols et autres barrières, en disséminant au loin leurs débris. Ces nappes d'eau pour agir ainsi ont dû néces- sairement avoir acquis d'énormes vitesses, qui ne peuvent être que le résultat de leur masse et de la hauteur de leur point de départ, lequel doit remonter, aussi bien que les glaciers actuels, aux hautes sommités des Alpes. Enfin, si l'on ne perd pas de vue la loi de connexion qui rattache les dépôts de blocs et de terre à pisé des plaines, à ceux des vallées alpines et jurassiques, on en vient à ne trou- ver aucune limite distincte entre les uns et les autres, et comment en serait-il autrement? M. Itier nous a rappelé tout-à -l'heure un courant diluvien qui a passé sur le pla- teau d'Ordonnax; ce fait nous avait déjà frappé dans une course que nous fîmes de ce côté avec M. Sauvanau, de Saint- Rambert, mais il nous fit admettre d'autres idées. En effet, une nappe d'eau qui a passé par le plateau d'Or- donnax, en portant à cette hauteur de 1,000 mètres environ des blocs de serpentine des Alpes, a dû nécessairement pas- ser au-dessus de Genève, remplir le Valais ou autres vallées atérales, au moins jusqu'au-delà deBrigg et de Chamouny;