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                      ET SON Å’UVRE                       449

d'un grand poète qui devait sauver à jamais le nom de
cette jeune fille de l'oubli.
   Hélène descendait de Roderic de Fonsêque et de Louise
de Clermont, baronne de Surgères, en Aunis. Son père,
René, avait épousé Anne de Cossé, sœur du maréchal de
Brissac, vice-roi de Piémont. La jeune fille avait un frère
nommé Charles, qui fut chevalier de l'ordre du roi et con-
seiller d'État. Elle naquit au début du règne d'Henri II.
Brantôme la cite comme faisant partie de la « seconde
génération des filles d'honneur de Catherine de Médicis »,
où se trouvaient déjà ses deux cousines Diane et Jeanne de
Brissac. Conformément à la coutume du temps qui voulait
qu'un gentilhomme fût officiellement attaché à une dame
comme amoureux ou comme serviteur, Hélène avait agréé
un jeune capitaine des gardes nommé La Rivière qui mou-
rut pendant les guerres de la troisième religion, ainsi que
nous le révèlent les vers adressés par Amadis Jamyn à la
jeune fille, pour la consoler de la mort de son ami.
   Quand Ronsard, en 1568, cédant au conseil de la Reine,
adressa à Hélène son premiet sonnet, il avait quarante-
quatre ans et la jeune fille vingt. Malgré son âge, Hélène
était fort érudite. La cour l'avait surnommée « Minerve »
pour son sérieux et sa raison. Les vers de Ronsard jetèrent
bientôt un vif éclat sur elle. Jamyn, Belleau, le vieux Dorât
célébrèrent à l'envi la jeune fée qui inspirait leur maître
et leur ami. Les deux livres de sonnets consacrés par
Ronsard à Hélène de Surgères permettent de suivre pas à
pas l'histoire de leur amour.
   Dans ces vers on retrouve comme un écho des entretiens
de ces deux cœurs si dignes l'un de l'autre. Hélène de
Surgères, remarque M. de Nolhac, fut pour le poète un
soutien moral puissant. A maintes reprises il vint puiser