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74 L'INDUSTRIE DE LA SOIE point d'appui sur des institutions imitées des nôtres. Celles-là ont fait naître une concurrence plus vive ; les secondes, sans pouvoir devenir des rivales, n'en devaient pas moins détourner à leur profit des demandes qui venaient à nous auparavant. Ainsi, depuis le traité avec l'Angleterre jusqu'à la guerre et depuis la guerre jusqu'à la réforme des lois de douane, nos fabriques ont vécu d'une vie tourmentée et ardente. Dans la seconde période, que de choses ont été contraires, quels périls on a courus ! Une guerre cruelle, les débouchés fermés, une condition sociale troublée, d'autres habitudes de la consommation, le train des modes renouvelé, et, il faut le répéter, une con- currence étrangère mieux réglée et plus pressante. Mais, de quelque poids qu'ait pesé sur nous, au temps de nos désastres, le soulèvement de toutes les manufactures rivales, nous avons eu, par notre énergie, bientôt raison de tous ces efforts. Pour ne parler que de la fabrique de Lyon, elle retrouvait la faveur de nombreux consomma- teurs, elle avait gardé sa réputation et son prestige, elle les justifiait par ses œuvres. La population lyonnaise, servie par cette organisation et cet outillage perfectionné dont on sait la rare qualité, montrait sa pleine force. Cette force, elle Ta montrée pendant ces trente années : l'accroissement de notre industrie a été de 25 pour 100 dans la production et de 35 pour 100 dans l'exportation déclarée des tissus de soie. Cela est d'hier. On a été unanime à célébrer la gran- deur et l'éclat de nos manufactures. Notre supériorité est entière. Mais l'avenir ! Que nous réserve-t-il ? Les temps sont changés. Presque toutes les nations, sous des inspira-