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228                     LES SIRES DE BEAUJEU

parce que ce sire était un des grands seigneurs du royaume,
et un des plus savants dans le droit et la coutume des fiefs.
   Nos princes du reste ne se confinaient pas dans ce genre
de science, et leur esprit était ouvert à d'autres études. Le
goût même des arts ne leur était pas étranger, et nous
voyons les plus anciens recueillir pieusement les restes de
sculptures de l'antiquité, dont ils savaient apprécier la
beauté : tel que ce fameux bas-relief actuellement au Musée
de Lyon, appelé le taurobole ou suovttaurilia (10), parce qu'il
représente le sacrifice païen de trois animaux : le porc, le
bœuf et la brebis, et qui fait l'admiration de tous les con-
naisseurs. Ils avaient aussi conservé un vase ancien en
bronze, qui s'est perdu à la Révolution. De forme antique, il
portait en bas-reliefs plusieurs sujets païens : un enlèvement
par un centaure,'une lutte d'athlètes ( n ) . Ces deux oeuvres



    (10) D'où provenait ce taurobole? Des monuments antiques de Lyon
 ou de Belleville, l'ancienne Lunna, ou bien encore de la villa Bogenis}
 C'est une question intéressante qu'il est plus facile de poser que de
 résoudre. On sait que M. Cucherat suppose que Bogenis est le nom
 latinisé de la paroisse qui est devenue la ville de Beaujeu, parce que
 « à l'oreille Beaujeu se rapproche beaucoup de Bogenis ». Sans examiner
 ce que cette étymologie a de hasardé, il faut mentionner ici qu'en
 1868, en creusant l'emplacement de la gare, on a trouvé, selon un
 témoignage digne de foi, diverses monnaies romaines avec des vases
en terre cuite. Il est fâcheux que cette trouvaille n'ait pas été sérieuse-
ment étudiée en son temps et n'ait laissé d'autre trace qu'un souvenir.
Peut-être aurait-on trouvé la preuve que c'était bien là la situation de
la villa Bogenis ; mais tant que cette preuve ne sera pas établie par des
constatations certaines, la supposition de M. Cucherat n'aura que la
valeur d'une hypothèse ingénieuse.
   (11) Voir l'inventaire de 1784. Dans celui de 1670, il est aussi fait
mention de ce vase, « un beau et grand vaisseau, aussi de métail avec
son couvercle de fer fermant à clefz avec un petit cadenatz, dans lequel