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                      ALPINISME RÉTROSPECTIF                        467

menade. Nul besoin, par crainte des brigands, de se faire
accompagner de domestiques armés, et de garnir ses bagages
de viande salée, ainsi que le recommande M. de Laroche-
foucauld. Il ajoute encore, que chaque voyageur devra se
munir de draps de lit et d'une toile à paillasse. Chamonix
ne possédait qu'une auberge dont la literie était peu enga-
geante. L'hôtelier n'avait le plus souvent à offrir à ses hôtes
que des Å“ufs, du lait et... des fraises.
   Aujourd'hui on dîne au son de la musique, mais les
fraises sont peut-être plus rares...



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   La section lyonnaise du Club-Alpin a l'honneur de
compter au nombre de ses sociétaires une de nos compa-
triotes, écrivain de talent et intrépide alpiniste. Plusieurs
conférences, faites avec beaucoup de succès aux séances du
Club, ont permis d'apprécier M"e Paillon, pour le charme
de sa diction et la saveur toute particulière de ses récits.
   Parmi les grandes figures de l'alpinisme, on se plaît à
citer le nom d'Henriette d'Angeville, la première femme
ayant atteint le sommet du Mont-Blanc (3). Dans le but


   (3) Le 14 juillet 1809, une servante de Chamonix, Marie Paradis,
fut hissée au sommet du mont Blanc. Cette fille vivait encore au
moment de l'ascension de Mlle d'Angeville. Elle expliqua avec beau-
coup de franchise que le but de cette expédition n'était qu'une spécula-
tion. « Je suis montée, — j'ai bien soufflé, — j'ai failli mourir, on m'a
traînée, portée, — j'ai vu du blanc et du noir, je suis redescendue; —
depuis, la curiosité publique m'a valu de gentils profits sur lesquels je
comptais en allant là. »