Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
 126                   LES SIRES DE BEAUJEU

par une rançon énorme. Il dut céder à son vainqueur les
châteaux de Meximieux et de Saint-Christophe avec leurs
mandements, les fiefs du Montillet, de Corsieu, de Mon-
thieu, de Dénie, de Juis, de Saint-Olive, les bourgs de
Villars et de Loye, l'arrière-fief de Châtillon, l'hommage et
fief que lui devaient les seigneurs de Villars et de Saint-
Trivier, le château de Beauregard et celui de Miribel avec
son territoire qu'il prendrait en fief du dauphin. Ce traité
funeste, qui arrachait au sire ses plus belles terres dans les
Dombes, il ne voulut pas le ratifier, une fois sorti des mains
de son ennemi, et il chercha à le modifier à l'occasion en
reprenant les fiefs cédés. Ainsi en 1329 il se fit rendre
hommage de l'arrière-fief de Châtillon qui figure parmi
ceux qu'il avait cédés au dauphin. Mais sa mort arrivée en
13 31 l'empêcha de poursuivre ses revendications.
   Pour dédommager Guichard des pertes subies à son ser-
vice le comte de Savoie ne se montra pas d'abord très
généreux (6). Il ne lui accorda que dix mille livres environ,
somme qui ne dépassait que de fort peu les dépenses que
celui-là avait faites pour ses troupes. Plus tard (en 1328 et
1337) pour compenser en partie la perte des terres qui furent
arrachées à Guichard par le traité de Saint-Vallier, Edouard
lui offrit les châteaux de Coligny et de Buenc avec leurs
mandements, à charge de les tenir de lui en fief; puis, il lui
promit 40.000 livres, à condition que Guichard lui céderait


   (6) M. de Laroche-Lacarelle trouve qu'Edouard de Savoie fut très
généreux envers Guichard VI, et qu'il l'indemnisa largement de ses
pertes. Cette exagération vient de ce que cet auteur a suivi trop facile-
ment les idées de Guichenon dans tout ce qui touche aux rapports de
la maison de Beaujeu avec celle de Savoie. S'il avait connu les Mémoires
d'Aubret, il se serait épargné plusieurs erreurs.