Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                             ET SON Å’UVRE                           371

 malgré la docte société qu'il trouvait à Londres, et son
 étroite amitié avec Thomas Morus, il n'abandonnait pas
 un si cher projet. L'occasion tant désirée s'offrit enfin à
 lui. Battista Boërio, médecin génois du roi Henri VII, lui
 offrit d'accompagner en Italie ses deux fils, Giovanni et
 Bernardo. Erasme accepta avec enthousiasme. Escorté de
 ces jeunes gens, il quittait Londres au mois de juin de
l'année 1506, passait quelques jours à Paris, où il s'en-
 tendait avec l'imprimeur Josse Badius, le premier éditeur
des Adages, pour l'impression de plusieurs Å“uvres de
Lucien et d'une traduction versifiée de l'Hécube et de l'Iphi-
génieàAulis, d'Euripide. Erasme s'arrêtait ensuite à Orléans,
puis à Lyon « où il fut dignement accueilli par la colonie
savante de la ville (16) ». Il en perpétua le souvenir dans un
de ses plus jolis Colloques (17). Au mois d'août, il traver-
sait les Alpes avec ses compagnons. Dès son arrivée en
Piémont,, il se rendit à Turin et s'y fit recevoir docteur en
théologie. Puis il gagna Bologne, où les Boërio devaient
finir leurs études à la célèbre Université. Malheureusement
les voyageurs tombèrent en pleineguerre. JulesII, le terrible
Pape, qui comptait dans les Bentivogli, dominateurs de
Bologne, de terribles ennemis, marchait contre la ville.
Erasme s'enfuit à Florence, où il arrive en octobre. Ce qu'il
y a de particulier dans le séjour qu'il y fit, c'est qu'il passe,
sans les voir, à côté des merveilles florentines, précisément
au moment où « les Médicis ne gouvernent plus », où le
pays est libre et paisible, et où une réunion admirable




  (16) Cf. l'intéressant opuscule de M. A. Péricaud : Erasme, dans ses
rapports avec Lyon (1843).
  (17) Cf. Diversoria 8, 715 et Nisard (Renaissance et Réforme (I, p. 276).
   N u j , — Novembre 1894                                     2)