Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
200                 LES SIRES DE BEAUJEU

d'autres qui paraissent contradictoires. Ils montrèrent en
effet dans le gouvernement une prudence et une sagesse
peu communes, avec un esprit libéral et ouvert aux progrès
fort rare de leur temps.
   Habiles politiques, ils le furent en sachant grouper autour
d'eux des populations d'origine diverse, par les avantages
d'une direction bienveillante, ferme et juste. Ce n'est pas
un médiocre honneur pour nos sires, que de s'être attiré la
confiance de tant de petits seigneurs qui se sont mis sous
la garde de leur épée, comme on l'a vu plus haut, et d'avoir
accru leur état entre les puissants comtes de Lyon, de
Forez et de Mâcon. Rien ne montre mieux leur habileté
que d'avoir su mêler et fondre assez intimement des élé-
ments si divers pour en faire une seule province qui a tenu
longtemps une place honorable parmi les autres baronnies,
et dont le nom emprunté à un petit château subsiste
encore.
   Ce qui prouve, plus que toutes les paroles, la confiance
qu'inspiraient partout leur droiture et leur esprit de justice,
c'est que les églises ou les seigneurs voisins recoururent
plusieurs fois à leur arbitrage pour régler leurs difficultés.
   Le premier dans l'histoire de nos sires, Humbert II, nous
apparaît dans ce rôle honorable d'arbitre. Il fut appelé, avec
plusieurs seigneurs, par l'abbé de Savigny à régler une
contestation survenue entre les obéanciers de cette abbaye
et leurs vicaires. C'est lui qui fut chargé de prononcer la
sentence, si grande était l'estime qu'on faisait de sa capa-
cité. Vers 1115 Guichard III s'entremit avec l'évêque de
Mâcon et Guy d'Oingt, pour amener un accommodement
entre l'abbé de Savigny et Etienne de Varennes. Quelques
années plus tard, il fut médiateur dans un grave différend
entre l'évêque et le comte de Mâcon, au sujet de biens que