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LES SIRES DE BEAUJEU 123 Brienne, de sang royal, et ensuite au vicomte de Venta- dour; et du côté de son troisième fils à la quatrième géné- ration par deux frères qui moururent sans postérité. Le fils d'Humbert IV, Guichard le Grand, fit un brillant mariage en épousant Sibille de Hainaut, ce qui le rendit beau-frère de Philippe-Auguste, oncle par alliance de Louis VIII et beau-frère de Baudouin de Hainaut et de Pierre de Courtenay, qui furent tous deux successivement empe- reurs de Constantinople. Si elle n'apporta pas de grands biens à son mari, ce que l'histoire ne dit pas, la noblesse de sa naissance jeta sur la maison de Beaujeu un lustre qui en fit une des plus considérables de France et la mit au premier rang en la rapprochant de la maison royale. Guichard sut très bien établir sa nombreuse famille. Pour ne parler ici que de son fils aîné, il le maria à Marguerite de Baugé qui reçut en dot de son père la ville de Miribel et ses dépen- dances, avec mille livres fortes. Cette magnifique seigneurie, une des plus grandes de la Dombes, étendit les possessions des sires de Beaujeu jusqu'aux portes de Lyon, en y compre- nant la Croix-Rousse et Villeurbanne. Ce fut la plus belle et la plus importante de leurs acquisitions. Ce mariage d'Humbert V contribua plus à l'accroisse- ment territorial du Beaujolais que toutes les alliances de ses successeurs, quelque honorables qu'elles fussent. Ils ne reçurent tous, pour les dots de leurs femmes, que des sommes d'argent, variant de 7 à 10.000 livres ou florins. Il n'y eut d'exception que pour le premier mariage de Gui- chard VI avec Jeanne de Genève, qui lui apporta en dot la seigneurie de Varey en Bugey. Telles sont les causes de l'agrandissement de la baronnie de Beaujolais; voici maintenant celles des pertes sensibles que cette baronnie subit ensuite.