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ET LA RUSSIE II III En 1782, les rapports de la ville de Lyon avec la Russie existaient donc depuis longtemps et étaient on ne peut plus satisfaisants. C'est ce qui explique comment l'antique cité lyonnaise se distingua particulièrement, lors du voyage incognito que le grand-duc de Russie, Paul Petrowitz, fit en France en ladite année, sous le nom de comte du Nord. Bien que la relation de la manifestation de Lyon ait été donnée dans les publications de l'époque, notamment dans le Mercure de France, je suis heureux de pouvoir y ajouter des détails inédits et curieux, tirés de la correspon- dance adressée à la Cour, par M. Fay de Sathonnay, prévôt des marchands de Lyon (8) ; je laisse donc entiè- rement la parole à ce narrateur local : « A Lyon, 6 mai 1782. Après avoir rendu' compte au Ministre des fonctions qu'il a prises à l'égard du comte du Nord et de sa suite, composée de quatre-vingt-personnes, le prévôt ajoute : « En évitant de blesser l'incognito qu'ils ont résolu de garder, je prends cependant les mesures les plus conve- (8) Cette correspondance est conservée aux Archives du Ministère des affaires étrangères, à Paris; fonds divers, volume 1855.