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422 LES MONUMENTS D'ART Ainsi, absolvons les calvinistes de l'accusation d'avoir, comme beaucoup d'écrivains l'ont avancé, détruit tout le Trésor de Saint-Jean. Il restera assez d'autres faits regretta- bles à leur charge ( i ) . Quant au reproche qui leur a été aussi toujours fait d'a- voir anéanti toutes les archives du Chapitre, il n'a pas plus de fondement. Pour formuler ce reproche, on s'est basé sur un procès-verbal dressé le 7 juillet 1563 sur la demande des chanoines Théodore de Vichy, doyen, et Bernard de la Tour, de Saint - Vidal, archidiacre de l'église Saint- Jean, par Jean Dufournel, conseiller du Roi, lieutenant- général de la sénéchaussée et siège présidial du Lyonnais. Dans cet acte on lit, entre autres, « nous sommes montés au premier étage des archives que nous avons trouvé ou- vert, et la porte d'icelle brisée, ouverte et rompue et dans la- quelle première chambre et étage avons trouvé plusieurs vieulx papiers cassés, brisés et rompus, desquels n'a esté possi- ble faire inventaire d'aultant qu'il n'y avoit aucune chose où l'on pût asseoir jugement ny substance. Après nous sommes montés au second membre desdites archives qu'é- toit une chambre voûtée, la porte de laquelle nous avons semblablement trouvée ouverte et rompue par force et dans icelle avons trouvé de grands buffets de noyer, tout à l'en- chanoines rapportèrent aussi un reliquaire de la Vraie Croix,en or avec douze pierres précieuses et quatre perles. (Péricaud. Notes et docu- ments). (1) On peut, entre autres, leur reprocher le pillage complet du Tré- sor de l'église d'Orange, car Nostradamus nous apprend, dans son Histoire de Provence, que «le 8 août 1562, François Fabrice Ser- bellon fit décapiter, à Avignon, messire Jean Perrin, seigneur de Par- paille, président à Orange, lequel avoit sacrilègement saisi et pillé tous les reliquaires d'Orange qu'il avoit transportés à Lyon et convertis en monnoye pour faire la guerre à Dieu. »