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290 LA GRANDE MANÉCANTERIE au huitième siècle, et qui l'aurait fait bâtir au moyen des largesses de l'empereur Charlemagne (1). Quelle que soit la valeur de cette tradition, que ne confirme malheureuse- ment aucun document historique, il est bien certain, néan- moins, que ce monument remonte tout au moins au on- zième siècle. Sa façade, ornée de statues fort mutilées au- jourd'hui, se fait remarquer surtout par une série d'arca- tures à plein cintre, reposant sur des colonnettes accou- plées et par des mosaïques formées de briques de couleur, comme celles qui décorent les monuments contemporains de l'Auvergne. C'est là que se trouvait l'ancienne Mané- canterie, c'est-à -dire la maîtrise des enfants de chœur. Le nom de Grande Manécanterie a été donné aussi, mais d'une manière impropre, au grand bâtiment inachevé que la cour de l'archevêché sépare du palais archiépiscopal. Cet édifice n'a point été élevé, en effet, pour les chantres et les clergeons de l'église cathédrale, comme l'ancienne Manécanterie, mais pour servir de logement aux chanoines comtes de Lyon et renfermer, en outre, les diverses salles communes du Chapitre, la bibliothèque, les archives et l'auditoire de la juridiction du Comté de Lyon. Au milieu du siècle dernier, les bâtiments servant au Chapitre menaçaient ruine, quand on entreprit, en 1768, de les reconstruitre sur un plan plus monumental et plus en harmonie avec le rang du haut clergé auquel ils étaient destinés. Louis XV, qui portait, comme la plupart de nos rois,, le titre de chanoine d'honneur de la primatiale et de premier comte de Lyon, concourut généreusement, par ses libéra- lités, aux dépenses de cette reconstruction. Aussi, pour lui (1) Delandine. Mss. de la Bibliothèque dt Lyon, III, p. 220.