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478                        LITTÉRATURE
— Non pas, dit l'affranchi ; moi, je suis le premier ;
Je défendrai mon rang-. Je ne puis le nier ;
Je suis né surl'Euphrate ; on le voit aux oreilles. (1)
Mais j'ai sur le forum cinq boutiques pareilles ;
J'en tire mille écus. La pourpre et les aïeux
Eu donneront-ils plus ? Corvinus (2) est heureux
De garder des moutons affermés à Laurente ;
Moi, d'un Licinius, d'unPallas j'ai la rente.
Attendez donc, Tribun. — Oui, place auxgros écus !

     Tel qui s'en vint chez nous sans pain et les pieds nus,
Marche l'égal de ceux que les honneurs décorent.
L'argent, voilà le dieu que les Romains adorent.
Quoiqu'il n'ait pas encor de temple ni d'autels,
Comme la Foi, la Paix, filles des Immortels,
La Vertu, la Victoire, ou comme la Concorde
Chère aux oiseaux criards, quand elle leur accorde
De saluer encor le nid qu'ils ont quitté !


    Lorsque des magistrats ont calculé, compté
Ce qu'à la fin de l'an rapporte la sportulo,
Que fera le client qui trouve à ce pécule
Son habit, sa chaussure, et son pain et son bois?
On vient le mendier en litière. Parfois
A la curée un tel mène avec lui sa dame
Souffrante, en mal d'enfant, et près de rendre l'nme.
Un autre plus rusé la laisse à la maison,
Vient la litière vide et close pour raison.
— C'est ma Galla, dit-il, vite! — Avancez la tête.
— Elledort. Allez-vous l'éveiller, malhonnête?



pas de venir mendier à lajporte des grands.
  (1) Oreilles percées à la mode de l'Orienf.
  (2) Descendant, d'une famille illustre.