page suivante »
MINIMES 51S
Mais insurmontable effet de l'habitude ! on usa du nou-
vel emplacement sans quitter l'ancien. La tranquillité n'y
gagna rien. Malgré un arrêt du Parlement (•!) confirmant
la sentence des juges présidiaux, pendant plusieurs
années les choses restèrent dans le môme état. Il fallut des
lettres patentes du roi Henri IV, données à Lyon, le 5
octobre < 595, une sentence du sénéchal, rendue sur les
!
vives instances des chanoines de Saint-Just, pour qu'enfin
les marchands consentissent à ne plus empiéter sur un
terrain, qui leur était«désormais interdit. On prit même
contre leur mauvais vouloir ou leur incurie la précaution
d'entourer le marché de pieux et de chaînes et d'afficher
à l'entrée de l'Eglise, aux portes de Trion et de Saint-
.Irénée, la délimitation des lieux et les amendes portées
contre ceux qui franchiraient les bornes marquées. (!i) La
mesure fut cette fois respectée et les religieux jouirent en-
fin d'une paix longuement souhaitée. Nos édiles modernes
vont plus promptement en besogne, mais il est permis de se
demander si leurs décisions sont toujours aussi bien inspi-
rées (3) Pendant cette espèce de conflit, qui dura près de
vingt ans,la construction du monastère se poursuivait avec
une lenteur dont la pauvreté était la principale cause.
Tant que l'habitation de Laurent Corval avait été suffi-
sante, on avait songé à construire la maison de Dieu, les
(1) Le 7 septembre 1576.
(2) Nous avons retrouvé touteslespièecsdecettecaricuscprocédure,
signalés par l'inventaire de 1682 (II. 360) dans une des liasses cons-
tituant le Fonds des Minimes.
(3) Etrange coïncidence des événements quand à la révolution les
Minimes quittèrent leur couvent, la place fut rendue à son ancienne
destination. — Il y a quinze ou vingt ans, on y tenait encore le mar-
ché aux. chevaux. La création d'un jardin à cet endroit l'a de nou-
veau fait transporter ailleurs.