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458                  LA GUERRE DE SYRIE

homme de guerre capable de tenir tète, aux deux géné-
rauxégyptiens. Outre les levées de Bosniens et d'Albanais,
on lui confia six régiments d'infanterie, une forte cavale-
rie et ce qu'on put trouver d'artillerie. La vue de ces trou-
pes réveilla l'enthousiasme à Constantinople. Il y eut une
manifestation en leur faveur. Le sultan les combla de
présents et de promesses. Le jour du départ, sa Hautesse
daigna se transporter au camp dressé près de Scutari et
là, trahissant malgré lui l'angoisse deson cœuret l'amer-
tume de ses pensées : « Sauve l'empire, dit-il àReschid,
 et ma reconnaissance n'aura pas de bornes. »
    Reschid avec son armée se dirigea vers ces montagnes
d'où l'ennemi menaçait si aadacieusement la capitale.
 L'avant garde ottomane avait déjà traversé l'Anatolie,que
 l'arrière-garde s'était à peine ébranlée. Ibrahim, trouvant
 Konieh à sa convenance, y assit son camp, promena ses
 éclaireurs, étudia soigneusement le terrain et faisant
 .manœuvrer ses troupes comme si l'ennemi était devant
 lui, habitua ses régiments à la bataille qui allait se livrer.
    Le 18 décembre, l'avant garde impériale commandée
 par Réouf Pacha, s'avança,non sans hésitations, audevant
 de ces terribles Egyptiens contre lesquels d'avance elle
 savait ne pouvoir pas tenir. Ibrahim, qui reconnut les
 irréguliers, les tâta doucement et se contenta de leur
 enlever quelques pièces de canon faiblement disputées.
 Le 19, de petits succès partiels lui valurent encore de
 l'artillerie, des munitions et des prisonniers. Réouf, en
 l'absence de son chef, n'osait compromettre ses troupes
 par une résistance à outrance; enfin le 20, on apprit que
 Je grand Visir s'approchait; cette fois, le sortde la Tur-
 quie allait se décider.
    Reschid se déploya en bon ordre, avec soixante mille
 hommes marchant sur quatre lignes. Sa cavalerie, nom-