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• LA GUERRE DE SYRIE 4S3 inopinément devant l'armée ottomane qui ne l'attendait pas, et lui offrit la bataille. Méhémet fit la faute de l'accepter. Une armée qui attaque a toujours un immense avantage sur celle qui est attaquée. Le plus souvent,la"première choisit sa posi- tion et son terrain. Soliman connaissait le pays. Dans ce premier combat de Zérad, il l'avait étudié. Ibrahim qui reconnaissait son génie militaire et qui, depuis long- temps, lui avait rendu son amitié, le laissa libre de pren- dre ses mesures. Soliman fit voir, qu'ainsi que devait le dire plus tard Marmont, il était népour la grande guerre; il s'empara d'une position que Méhémet avait négligée ; appuya sa gauche sur un petit lac, sa droite sur le désert; mit sa cavalerie aux ailes, trois batteries en première ligne, quatre en réserve, s'avança sur trois lignes, les bagages entre la seconde et la troisième et, sur de ses soldats, commença le feu. L'ordre de bataille des Turcs était aussi défectueux qu'on eût pu le désirer. Avec autant de troupes que les Egyptiens, mais n'ayant aucune défense naturelle pour s'appuyer, Méhé- met n'accepta que deux lignes de profondeur et non seule- ment développa son front de manière à déborder l'ennemi, mais dissémina son artillerie de telle sorte qu'il n'en put tirer aucun profit. Par ses ordres, chaque bataillon fut alterné d'un canon isolé et pour mettre le comble à son chef d'œuvre, il enferma toute son aile droite dans une espèce d'ile formée par une route, des fossés et un canal. Il jugeait que là elle était inexpugnable ; elle le fut si bien que lorsqu'il en eut besoin, il ne put l'en faire sortir. Soliman, voyant ces dispositions et sur que sa gauche protégée par le lac ne serait pasattaquee, concentra toutes 23