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hX GUERRE DE SYRIE 439 blâme qu'il n'avait pu pardonner. Malgré les services qu'il avait rendus, malgré ceux qu'il pouvait rendre encore, Soliman était oublié; il s'en consolait philoso- phiquement auprès de sa belle compagne et. en créant à sa chère Sidi Maria un nid où les mœurs de l'Orient trou- vaient tout le confort européen. Cet oubli ne pouvait être éternel. L'habile souverain s'était fait rendre compte des événements ; il avait tout appris. La voix unanime de l'armée était là ' pour glori- fier celui à qui elle devait l'existence. II n'était qu'une voix pour louer l'audace, la bravoure, le talent d'organi- sation, la grandeur d'âme du colonel. Après avoir laissé au courroux de son fils le temps de s'appaiser, il amena peu à peu une réconciliation dont il comprenait la néces- sité ; l'âme loyale d'Ibrahim ne pouvait se refuser aux instances de son père et aux conseils de la raison. D'après la Contemporaine, cette disgrâce qui n'existait plus au mois d'août \ 829, durait encore au mois de juil- let delà même année. Voici comment elle touche à ce fait délicat dans ses Mémoires,et en même temps comment elle montre Soliman-Bey dans l'intimité ; il était en ce mo- ment campé à EiSmoughères, au bord du Nil, avec son fidèle régiment. « Seuliman me fit, ainsi qu'à Léopold, dit-elle, page 315, un accueil qui ne pouvait laisser de doute sur « Soliman-Bey, disent MM. de Cadalvèn? et BarrauU dans leur ouvrage : Deux années de l'histoire d'Orient. Paris, 1840, p. 177 Soliman-Bey, dans la campagne de Moréc, ne se distingua pas moins par son humanité que pas ses talents et son courage. » Nous aimons à trouver de pareils témoignages ; ils répondent aux attaques des pam- phlétaires du temps.