page suivante »
TIIIERRUT 33 aujourd'hui à l'apogée de son poétique talent, entourait son noble père du bien-être et des soins qui lui étaient dus. Baron put donc se consacrer, dans sa vieillesse, à ses goûts les plus chers, et son amitié pour Thierriat fut cimentée par les longues et fréquentes promenades des deux artistes dans les environs si pittoresques de Lyon. Thierriat faisait aussi de la gravure à l'eau-forte et a laissé une cinquan- taine de planches finement gravées d'après nature. Leurs goûts étant communs, ils passèrent ensemble de délicieu- ses journées à la campagne. Mais ses pérégrinations avec Baron dans les environs de Lyon ne lui faisaient pas oublier l'intérieur même de'cette ville toute pleine encore de constructions d'une ornemen- tation charmante, que l'ouverture ou l'élargissement des voies publiques,sous l'empires, ont fait disparaître, sans en conserver môme le souvenir par la photographie. M. Saint- Olive était le compagnon de l'intérieur, comme Baron était celui de l'extérieur, et autant Thierriat a fait de dessins des environs de Lyon, autant il en a fait des monuments et des vues de notre ville, dont l'honorable et spirituel Saint- Olive a été et est encore l'historiographe charmant et consciencieux. M. Vaïsse, on l'a dit, n'avait pas le tem- pérament artistique, mais il avait au suprême degré l'amour de la pioche et de la truelle. M. Saint-Olive veut bien l'honorer du titre d'Administrateur utilitaire. Il est certain qu'il a fait de grands et utiles travaux : l'endi- guement de nos fleuves, le pavage, les trottoirs, les égoûts et les eaux, dont le projet dormait depuis vingt ans dans les cartons de notre ami et condisciple, l'habile ingénieur Aristide Dumont, la création du parc de la Tête-d'Or et l'élargissement de beaucoup de voies publiques. Mais l'avenir a été endetté pour plus de cinquante ans, le per- cement des deux grandes artères n'a fait que déplacer la 3