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                     CHRONIQUE LOCALE


    La parole est aux événements.
    La guerre est déclarée et, depuis que les dépêches nous ont appris cotte
grande nouvelle, la garnison et le camp de Sathonay sont partis, mettant
la clé sous la porte et laissant les postes et les casernes sous la protection
paternelle de quelques sergents de ville, qui montent la garde à l'orientale
en fumant leur cigare, assis sur une chaise et en regardant tranquillement
le public.
    Les chemins de fer, en fait de marchandises, ne charrient plus que des
soldats.
    La Marseillaise se chante nuit et jour, surtout la nuit. On se croirait à
1848. Et pourtant, le Progrès n'est pas content. Mystère !
    Que pouvons nous dire qui ne soit pas de la politique et qui se ren-
ferme exactement dans les bornes de l'histoire ? Naguère, nous aurions ra-
conté avec empressement les passages des troupes africaines, et décrit la
 physionomie de la ville, dans la pensée de nous rendre utile aux historiens
 futurs. Mais, nous avons appris quatre fois à nos dépens qu'il y a des juges
 ailleurs qu'à Berlin et qu'il n'est pas permis de raconter un meurtre, parce
 que ce récit n'est ni de la littérature, ni de l'agriculture, ni de la science.
   Les journaux non politiques de Paris, la Petite Presse, le Petit Journal,
et d'autres peuvent impunément raconter. La Revue qui tient à son exis-
tence ne racontera pas. Elle se souviendra.
   Peut-être nous sera-t-il permis de parler de la chaleur ?
   « Le 5 courant, disait un journal bien informé, la chaleur a été excep-
tionnellement accablante. Le thermomètre a donné 36 degrés à l'ombre et
59 degrés au soleil. » Nous sommes allés plus loin, depuis lors.
    C'est joli pour un pays tempéré.
   Autre ressemblance avec le Sahara, des vols de sauterelles se sont abat-
tus sur la ville. Elles n'y ont trouvé que des choses difficiles à digérer.
Décidément, l'année est malheureuse.
   — Le chemin de fer de Sathonay a été adjugé dernièrement, ligne et
matériel, à MM. Erlanger et Ce ; les péripéties de cet achat auraient mérité
d'être mises en vers. Au siècle dernier, on en eût fait un poème. Au-
jourd'hui on les a racontées dans les journaux et cela suffit parfaitement.
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    —C'est le 27 juin quejle Pape a préconisé l'archevêque de Lyon. « L'E-
 glise dcLyon est heureuse ctfière du pontife que Dieu lui donne, dit à ce
  ujet la Semaine Catholique de notre ville : Si l'antique siège primatial est