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400 ORIGINES DE LUGDUNUM.
Passons aux topiques du Lyonnais et des pays limitrophes.
Ampuis, lat. Ampucius (1), s'élevant sur une partie de la rive
droite du Rhône, où affluent plusieurs ruisseaux, le Tartaras en-
tre autres. Ampuc-iiis, sans la désinence ou flexion easale ius,
laisse Amp-uc, celt. Amp-uch (2) c confluents à une montagne»,
e
cette montagne si renommée pour ses vins blancs dits de Cèle-
Rôtie (3). — Var-ambon, Var-ambier, dont j'ai déjà parlé, ter-
mes si complètement celtiques que, revenus à la vie, les contem-
porains gaulois de Plancus et d'Antoine croiraient que leur lan-
gage n'a pas varié : ar, ivar, sur ou la, et ambon, amber « réu-
nion de rivières » : le Suran et l'Ain (4).—Les divers Ambé-rieu,
Im&ar-iacus, /Imôer-iacum, issus également à 'ambar, dé-
gar., Epit., cont. secund.) , à la jonction de la rivière de ce nom avec
l'Ourthe, au-dessus de Liège; Ambrières, lat. Ambrerai, dans une charte
de Guill.-le-Conquér., citée par M. Cauvin, {Gèograph. anc. dudiocès. du
Mans, p. 14,) à moins de deux kil. de l'endroit où la Varenne se mêle à la
Mayenne ; Ambracie, gr. Apêpà xia, de l'estuaire ou golfe qui sert de ré-
ceptacle aux nombreux cours d'eau du versant occidental des monts Acar-
nanes ; A.pëpâ,r.ia., crâse de l'e et metathèse de l't à 'Amberiac-us etc.
(1) « Eligiu's devenit in villam quamdam, quse vocatur Ampucius, quse
sita est super ripam fluminis Rhodani. » (vie siècle; v. D. d'Achery, Spi-
cileg., V, 205.)
(2) Cymr. armor. uc'h, aujourd'hui tic'/i-el, haut, élevé; gall. uch, su-
perior. — Sansc. «cc-ash, élevé,
(3) « La colline qui protège Ampuis contre les injures du nord n'était
qu'un aride rocher ; l'industrieux colon y transporta des terres, y pratiqua
des murs pour les retenir, et y planta les sarments précieux dont le pro-
duit s'est fait un nom célèbre dans l'Europe. » (Verninac, Descript. phys.
etpolit. du Dép. du Rhône, pp. 14 et 16.) — « Le coteau... est le même
où les Romains récoltaient ce vin si renommé sous la dénomination de vin
de Vienne, et qui ne l'est pas moins aujourd'hui sous celui de vin de Côte-
Rôtie (Cochard, Statist., dans l'Alman. du Dép. du Rhône, de 1812,
p. XL.).
(4) Ambon pour Amb-ao», contract. à 'afon, rivière (V. § 2). — Am-
ber, du primit. Amb-ar, d'ar, eau courante : l'Arar, l'Ar-us, l'Âar, lat.
AruU pour ^r-rula, cymr. Ar-rhull, rivière emportée, sujette à se dé-
border.