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LA LEGENDE DE LA VILLE D'ARS PRÉAMBULE, Jamais au spectateur n'oflrez rien d'incroyable, ho vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable. Une merveille absurde est pour moi sans appas. L'espriwi'est point ému de ce qu'il ne croit pas, BOILEAO, l'Art poétique. Ch. m . J'aime les légendes !... Elles ont égayé la vie de nos pères et caressé notre enfance.... Elles ont, dans mon heu- reuse jeunesse . entouré d'un voile d'or mille croyances charmantes auxquelles je me suis cramponné de toutes les aspirations de mon âme, de toutes les forces de mon ima- gination.... Que de douces rêveries je leur ai dues! De combien de charmantes espérances elles ont bercé mon entrée dans le monde ! Mais les belles années de la jeunesse sont déjà loin de moi, et les illusions se sont envolées avec elles. A la foi. naïve, aux rêves dorés, ont succédé la froide analyse et la recherche du vrai. Je ne m'en plains pas : Dieu a bien fait ce qu'il a fait. A chaque âge ses plaisirs : au printemps les papillons et les fleurs , a l'automne la moisson. Si Dieu a semé dans nos cœurs la passion de la vérité, pour l'y faire éclore a son jour, c'est qu'apparemment il a songé qu'elle