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352 LÉGENDES DE LA VILLE D'ARS. actuellement dans le domaine des études historiques: ce serait franchir les limites que je me suis prescrites, et l'on peut, a cet e'gard, consulter avec fruit les belles publications de MM. Worsaae, Keller, Troyon, Desor, etc. Je me con- tenterai seulement, et sans enlrer dans de trop longs dé- veloppements, de résumer l'état actuel des connaissances acquises, en les faisant précéder de quelques notions his- toriques que je puise dans les anciens auteurs et que je re- produis textuellement. C'est le meilleur moyen de procéder, — on s'en convaincra dans un instant, — quand on veut citer un auteur et s'appuyer sur son texte. Le lecteur doit, être juge. On ne peut douter que les peuples de l'antiquité, soit pour se mettre a l'abri contre le voisinage des bêtes fauves, soit pour se défendre contre les invasions plus dangereuses de leurs ennemis, n'aient habité des maisons construites au- dessus des lacs et des fleuves, a peu près comme ce qui se passe encore de nos jours chez plusieurs peuplades sau- vages et notamment chez les Papous de la Nouvelle-Guinée, dont les huttes, de forme circulaire ou carrée, sont rassem- blées en groupes compactes a un demi-kilomètre de la terre qu'un léger pont va rejoindre. Et s'il fallait en offrir un exemple remarquable, existant encore de nos jours, près de nous, et dissimulé sous les développements splendides des arts et de la civilisation, ne pourrait-on, dans l'origine de Venise la belle, voir un simple établissement, analogue a ceux dont je viens de parler, mais ayant peu à peu changé la nature de son sol par des dépôts successifs et une pro- spérité exceptionnelle ? A l'appui des lignes précédentes, je citerai le passage sui- vant de l'Histoire d'Hérodote (1) : « Les Pœoniens du lac Pra- (1) Liv. V, ch.XVI, Traduction de Buchon, X837.