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                   BIBLIOGRAPHIE




               RAPIN-THOYRAS

   Paris, qui se dit la capitale du monde civilisé—titre ex-
cessivement contestable — est en même temps le centre de
la renommée. Tout ce qui ne sort pas de son atelier jouit à
peine de la moindre célébrité. On ne se doute pas de toutes
les excellentes productions de la province, tandis que la pu-
blicité est réservée à une multitude d'œuvres parisiennes,
dont le but souvent semblerait devoir être la propagation
de l'immoralité. A Paris, la culture des lettres est un métier
qui, parfois, rend beaucoup d'argent; en province, au con-
traire, c'est une jouissance intime qui coûte fort cher, et, au
lien d'être fabriquée dans un atelier, une œuvre littéraire
s'élabore dans une espèce de sanctuaire. Le but des hommes
de lettres provinciaux consiste dans l'élévation de l'esprit,
 et la récompense se trouve dans la satisfaction intérieure
d'une vie occupée intellectuellement et moralement.
   Ces réflexions me sont suggérées par le beau volume in-
4° de plus de 500 pages, que vient de publier M. Raoul de
Cazenove, sur l'historien Rapin-Thoyras. Cet immense travail
n'est pas seulement une biographie, c'est encore une Å“uvre
d'un intérêt général, et que je recommande à tous les ama-
teurs de souvenirs historiques. L'auteur a parfaitement raison
de dire que : « Les éludes biographiques ne sauraient cons-
« tituer l'histoire, mais qu'elles contribuent, pour une large
« part, à en assurer les bases et à en éclaircir les détails. »
J'ajouterai que cela est vrai, lorsqu'on a soin de faire res-