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ALLOBROGES. 197 « qu'une clameur s'élève des deux côtés en même temps. « Les Gaulois, voyant aussitôt de quoi il s'agit, se livrent « sur-le-champ aux préteurs. Volturcius, après avoir « exhorté les siens, se défend d'abord avec son épée « contre la multitude; mais, se voyant abandonné des « députés il se rend comme à des ennemis aux pré- « teurs. » On a le droit de juger si la conduite des députés allo- broges fut digne du caractère dont ils étaient revêtus, et des aspirations d'indépendance dont frémissait la nation qu'ils représentaient, et l'on est en droit de répondre que les députés allobroges ont méconnu le titre de députés d'une nation qui les envoyait pour plaider sa cause et non pour servir d'espions à un parti politique de Rome; qu'au point de vue patriotique ils auraient dû servir les projets de Catilina, car plus les Romains s'affaibliraient par la guerre civile, plus les Allobroges et les peuples nouvelle- ment soumis devaient en tirer avantage. Et cela est si vrai, c'est.que si les députés s'en retournèrent comblés de présents et de belles promesses, leurs concitoyens blâmèrent à ce point leur conduite, qu'ils prirent les ar- m«s et se révoltèrent ouvertement contre Rome, et ce fut Promptinus, le préteur, le même qui arrêta les députés au pont Milvius, qui fut chargé de soumettre les Allo- broges révoltés. Voici comment Cicéron nous apprend ce fait. « Les Allobroges, soulevés par l'audacieux Catilina, « commencèrent brusquement la guerre. C. Promptinus, « qui s'associa généreusement à mes travaux, à mes pé- « rils, à mes desseins, les défit en plusieurs rencontres « et dompta ceux qui l'avaient attaqué (1). » Cicéron com- (1) Voir les détails de la lutte aux articles salonium et «entia de notre Dictionnaire gcographieo-historique.