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HISTOIRE LITTÉRAIRE DE LYON. 111 J'ai reçu de vous tant de bien, Tant d'honneur et tant de bonté, Que volontiers dirois combien, Mais il ne peut être compté. Ailleurs, Marot nous déclare qu'il gardera toujours de Lyon le plus précieux souvenir. Il dit : C'est un grand cas voir le Mont Pelion, Ou d'avoir veu les ruines de Troyej Mais qui ne voit la ville de Lyon, Aucun plaisir à ses yeux il n'octroye. 6° Jean Le Maire, que nous avons déjà cité comme his- torien, a laissé plusieurs ouvrages de poésie assez esti- més ; mais Clément Marot a poussé trop loin l'hyperbole quand il a dit : ' Jean le Maire, belgcois, Qui eut l'esprit d'Homère le grégeois. Le Maire fut l'ami de Symphorien Champier ; il lui prodigua les plus magnifiques éloges : Champier gentil, riche champ, pur, entier, Ton nom, ton loz, jamais ne sont ternis ; Ta gloire croist en sublime sentier, En bruit haultain et en biens infinis ; Tu floriras en tous lieux par droicture Et seras dit territoire fertil, Champ plain d'honneur et plain de fioriture, Bien cultivé, noble Champier gentil. 7° Maurice Scève (1), né à Lyon, d'une illustre famille, fraternisait volontiers avec Estienne Dolet et Clément Marot ; il voulait que ce dernier se perfectionnât dans la musique ; mais le poète lui répondit par cette jolie et plaisante épigramme : En m'oyant chanter quelquefois, Tu te plains qu'estre je ne daigne (1) On écrit aussi Sève.