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ON NE CROIT PLUS A RIEN, 73
Et vous m'agacez a la fin, vous m'excédez avec votre Ravi-
nel.... à qui en avez-vous avec cet être-là ?
Non ! je ne l'ai pas connu êtes-vous satisfait ?
— On a bien de la peine a vous arracher les choses ! fis-
je d'un grand sangfroid qui le décida presque à sourire.
— J'en ai entendu parler vaguement, dans le temps. Mais,
morbleu! que vous êtes décousu, ce soir, dans vos proposi-
tions. Quel rapport, Ravinel
— Beaucoup. Je voulais vous conter son histoire, afin de
vous prouver qu'aujourd'hui l'on peut croire et que l'on croit
à tout facilement. Quant à la chose h croire, vérité ou sottise,
peuimporte, on croit à tout avec la même docilité; c'est se-
lon les besoins du moment ainsi, vous connaissez
Bobin?
Il sauta sur son chapeau.
— Bon ! c'est Bobin , à présent? Allons, oui, je le
connais, celui-là ; c'est un excellent homme., mais
vous êtes malade, venez donc prendre l'air.
— C'est possible....... vous-même, vous êtes tout ner-
veux nous en avons trop pris ce soir; sortons......
je vous raconterai l'histoire de mes douze mobiliers.
— Douze mob —Il me regardait effaré. —Diable!
fit-il, il divague, c'est grave sortons vite.
Heureusement, ce soir-là , il faisait frais sur le quai du
Rhône.
Et vous aussi, lecteur, vous me trouverez incohérent?
Rassurez-vous, pourtant. Ravinel, Bobin, mes douze mobi-
liers, c'est une seule et même histoire, qu'il faut que je vous
conte, afin de vous prouver que mon homme avait tort.
Quant à mon manque de couture, vous avez bien raison ;
c'est mon vice et je l'aime, comme vous chérissez les vôtres.