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LOIN DES FOULES.
Laisse la foule aller au devant d'une fêle,
Regarde-la de loin, sans la suivre, ô poète ;
Prends les sentiers perdus, et fuis le mouvement;
Va chercher dans les bois le saint recueillement,
Le murmure des eaux, le murmure des branches,
Le parfum de la haie où s'ouvrent les pervenches,
Et le nid d'herbe sèche où chantent les oiseaux !
Va, tu pourras savoir, écoutant les roseaux,
S'ils se plaignent tout bas quand la brise les plie,
Et si le lierre parle au tronc quand il s'y lie ?...
Oh ! ce n'est pas ici qu'on trouve le bonheur !
Poète, dans les champs tu deviendras meilleur,
Et, pendant que la foule égare sa croyance,
Toi, plus grand et plus fort, plus riche d'espérance,
En présence des eaux, des monts et du ciel bleu,
Tu courberas ton front, et tu croiras en Dieu !....
Marie FLASDIS.
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