Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                      LE PÈRE DE LA CHA1ZE.                        127
s'était encore insinué dans plusieurs ordres religieux. Il avait des
partisans et des défenseurs à la cour et jusque dans le conseil des
ministres. Bientôt des pays étrangers, tels que la Belgique, la
Bavière, la Hollande, l'Electorat de Cologne, en furent infectés,
et, au siècle suivant, il finit par se glisser jusqu'en Italie, et
même en Espagne.
   Qu'une secte vienne à se produire, qu'elle rompe les liens qui
la rattachent à l'unité de l'Eglise, et vous ne tarderez pas à voir
la doctrine nouvelle, travaillée par tous les ferments de l'erreur,
se diviser en autant d'autres sectes qu'elle comptera d'esprits
impatients du joug et épris d'un fol amour de l'indépendance.
Comme la réforme , le jansénisme eut ses dissidents, et ce
n'est pas sans doute un des spectacles les moins intéressants à
contempler que cette dissolution profonde d'une secte qui se
prétendait seule en possession de la morale évangélique.
   D'abord c'est François Le Courrayer, chanoine de Sainte-Gene-
viève, qui, après avoir embrassé avec chaleur le jansénisme, finit
par rejeter tous les mystères de la foi chrétienne , la trinité ,
l'incarnation, le péché originel, la transubstantiation, l'infailli-
bilité de l'Église etc. (•!).
   Puis c'est Jean de Launay, docteur de Sorbonne, surnom-
mé le dénicheur de saints , qui s'efforce d'établir « un système
démocratique et anarchique qui renversait l'autorité de. l'Église
catholique. » Bossuet fit dissoudre les conférences où il prêchait
son système. De Launay, contrairement à la doctrine du concile
de Trente (2), voulait abolir le mariage religieux, pour lui subs-
tituer le mariage civil qui n'est plus qu'un simple contrat, comme
la vente et le louage, lorsqu'il est dépouillé de la sanction ecclé-
siastique.
  Vient ensuite Ellies Dupin, fameux janséniste, combattu par
Bossuet. Il prêche d'abord le divorce, s'élève contre la hiérarchie
du pape et des évoques ; plus tard, sous la régence, « il soutient
que les principes de la foi peuvent s'accorder avec les principes


  (1) Hisl. de l'Église eatli., par Rohrbachcr, t. XXVÏ, p. 178.
  f/2) Ibid.