Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                     PENSÉES SUR L'OISIVETÉ.                     63
   * Voyez aussi certains ouvriers intelligents , habiles, qui tra-
vaillent deux ou troisjours par semaine et qui consomment le bé-
néfice de ces trois jours, de ces deux jours, dans des orgies ou
tout au moins dans des parties de plaisir qui se prolongent tout le
reste de la semaine.

  * Le désordre , les infortunes de famille ont trop souvent
pour causes l'oisiveté ainsi pratiquée dans une trop large mesure.

   * C'est alors l'oisiveté de la pire espèce ; l'oisiveté la plus
fatale non seulement aux individus mais encore aux générations.

  * J'ai entendu quelque part à peu près ces paroles :
   « Maudissez l'oisiveté et la luxure qui abâtardissent la société
« française... Riches et pauvres leur résistez-vous comme vous
« le devez?.., Gravez dans vos âmes que la tempérance et.
« l'amour du travail sont les véritables ancêtres des fils et des
« filles qui font la splendeur de leur famille et de leur patrie. »

  * Voyez une famille laborieuse dans laquelle chacun fuit l'oisi-
veté. Son exemple dit tout ce que les lois pourraient dire...

   * Mais si la classe des travailleurs est trop souvent victime
de l'oisiveté, combien les classes élevées de la société ne le sont
elles pas plus souvent encore ?

   * Dans les multitudes , le besoin est un puissant aiguillon qui
pousse au travail et qui fait contrepoids à l'oisiveté ; le désir de
faire fortune, de parvenir à une condition sociale plus élevée,
voilà encore un stimulant contre l'oisiveté.

   * Dans les classes où l'aisance met à l'abri du besoin, et
offre parfois mille séductions, l'oisiveté est bien plus à redouter,
ses ravages sont plus effrayants.
   Ici tous les entraînements se présentent : ce n'est pas sans une
certaine vertu que l'homme , comblé des faveurs de la fortune.,
résistera à toutes ces séductions, et qu'il se livrera à des études
sérieuses, à un travail d'autant plus honorable qu'il n'est pas
imposé par le besoin.

   * Il fut un temps où les preux ne savaient donner leur signa-
ture qu'avec l'empreinte du pommeau de leur épée, et cependant
ils n'étaient pas des oisifs , mais bien des hommes d'action ,
dressés aux fatigues et au métier de la guerre.