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ET BU PRINCIPE VITAL. 23
bitent près d'un moulin a eau ne s'aperçoivent pas du bruit
qu'il fait (1). »
Sans doute la conscience ne nous apprend rien sur la
structure des organes. J'aurai beau l'interroger, jamais je
ne saurai combien il y a de reins ou comment sont faits
le cœur et les poumons. L'âme ne connaît directement qu'elle
même; par la conscience nous ne pouvons pas plus con-
naître notre propre corps que celui d'un oiseau ou d'un
poisson. Mais c'est de l'action de l'âme, c'est de la conscience
de cette action qu'il s'agit ici, non de la connaissance des
organes et de la perception de ce qui s'y passe.
Dans ce sentiment d'une action constante de l'âme sur
le corps, dont, avec Maine de Biran, nous avons signalé
l'existence au fond de la conscience, comment nier que se
trouve compris le sentiment de l'énergie vitale ? Ce senti-
ment est très-confus dans le cours ordinaire des choses,
parce que nous n'y prêtons aucune sorte d'attention, mais
il devient plus distinct lorsque quelque trouble dans l'or-
ganisation , même le plus léger , nous rend de nouveau
attentifs a l'action de l'âme sur les organes de la vie.
Ainsi- quand les pulsations des artères deviennent plus
vives, nous reprenons conscience, je ne dis pas assurément
de la circulation du sang, mais de la cause qui la produit, a
savoir d'une puissance, d'une énergie de notre âme. A cette
conscience plus ou moins confuse, si on ajoute tous les faits
qui attestent une action directe et immédiate de l'âme sur la
plupart des fonctions vitales, comment douter que la vie
lui appartient ou plutôt qu'elle-même elle est la vie I II fau-
drait rappeler ici l'influence si souvent décrite des passions
et de l'imagination sur la vie organique tout entière. Ce n'est
pas seulement une action aveugle et fatale, mais aussi une
( I ) Nouveaux essais, 2r liv., chap- t <•'•'.