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                   DE L'HISTOIRE DE LYON.                    491

    Mais, d'une autre part, nous avons déjà remarqué que le
 peuple de Lyon est bon, moral et généreux. Une faction, qui
 avait importé dans son sein le langage sanguinaire et grossier
du sans-culottisme parisien, répugnait à son caractère. Il la
 suivait donc jusqu'à un certain point, même dans ses passions;
 mais, à certaines limites, il lui manquait et l'abandonnait com-
plètement. Surpris de ces brusques désertions, ces hommes
accusaient le peuple de Lyon de faiblesse et de complaisance
invétérée pour ses anciens tyrans ; c'était son bon sens qui
discernait ce qu'il y avait d'excessif dans les doctrines d'af-
franchissement par lesquelles on voulait l'entraîner; c'était sa
moralité qui se révoltait contre la cruauté, le meurtre et le
pillage, contre l'étalage d'athéisme et d'irréligion, contre
l'affectation cynique de mœurs dissolues, qui se couvrait du
nom d'abdication du fanatisme et des préjugés. Le peuple de
Lyon voulait la révolution avec ses développements démocra-
tiques, moins les moyens sanguinaires et immoraux. Il écou-
tait avec enthousiasme le langage de la liberté; il se retirait
silencieux et blessé, quand on essayait de lui montrer cette
liberté comme le prix du crime.
  Nous allons voir se dessiner, par les faits, la position dont
nous venons de montrer le point de vue général.

                                          J.   MORIN.