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50 LE P. HOKORÉ FABRI. jlallet-Dupan, qui, appuyé sur des pièces originales, a ici vengé la cour romaine (1). Dans son histoire de l'Astronomie mo- derne, Bailly s'est expliqué ainsi sur la conduite du Saint-Office : « Nous ne devons pas juger cette faute avec les lumières de < notre siècle. Le système de Copernic n'avait alors de par- ( « lisans qu'en Allemagne... La foule des astronomes était « contraire (2). » Bailly, le premier président de la Consti- tuante, peut-il ôlre soupçonné d'avoir voulu flatter la cour romaine ?.. Ce mêmeGalilée, pour avoir enseigné une nouvelle théorie sur la chute des corps graves, fut d'abord bafoué par les anciens docteurs, ses collègues, ensuite dénoncé aux magis- trats et forcé, comme un novateur, de quitter la ville de Pise; lorsqu'il annonça ensuite sa découverte des satellites de J u - piter, il fut traité de visionnaire; faudrait-il pour cela décla- mer sans cesse contre les corporations savantes ? Ainsi donc, toute la sévérité de la cour romaine ne ten- dait qu'à réprimer les commentaires de Galilée sur l'Ecriture sainte eu faveur du système de Copernic, et non pas sa doctrine sur la rotation de la terre; cela est tellement vrai qu'en 1620, le tribunal du Saint-Office porta un décret pour permettre d'enseigner le système de Copernic comme hypothèse ; Co- pernic lui-même, convaincu de l'incertitude des sciences hu- maines, ne 1 avait jamais envisagé autrement ; malgré toutes les " faveurs dont jouit aujourd'hui le système de Copernic, beau- coup de savants sont loin de le regarder comme une démons- tration ; sans parler de Bernardin de Saint-Pierre, on peut voir 1° des observations sur cette matière imprimées à ParischezBer- lon, en 1778; 2° le Journal historique et littéraire, 1 e r juin 1786; 3°le Dict. historique,Augsbomg, 1781, articleCopKRmc. (i) Voy. le Mercure de france du 17 juillet 1784, n° 29, ou bien le Dic- tionnaire de T!idologie) par Bergier, articles MONDE et SCIENCE. (2) Toui. II, pag. i3 1 ; t 79r, in-4". I