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DES POYPES DE LA BRESSE ET DES DOMBES. Une des choses qui ont attiré le plus l'attention des sa- vants et des antiquaires, ce sont ces éminences ou monticules de forme régulière et conique, qui montrent évidemment le travail de l'homme et qui sont répandues dans les différentes contrées de l'univers. Les uns y ont vu des monuments reli- gieux, et il faut avouer qu'on ne peut refuser de donner à quelques uns celte destination; les autres ont reconnu des tombeaux dans le plus grand nombre. En effet, il paraît que, dans les premiers temps, avant que la sculpture et l'architec- ture eussent été employées pour décorer la demeure de la mort, les peuples avaient l'habitude de distinguer les tom- beaux de leurs chefs et de leurs princes par des élévations de terre propres à rappeler leur souvenir aux générations. La plaine de Troyes nous présente de ces éminences ou monticules, et la tradition la plus reculée leur donne le nom de tombeaux d'Achille, de Palrocle, d'Ajax, d'Hector et d'autres guerriers célèbres (1). Les bords de l'antique Tanaïs offrent encore aux regards du voyageur une grande quantité de ces éminences. La Moltray (2) et Clarke (3) en ont trouvé dans la Tauride et sur les bords du Kouban, Pallas (k) et Gmelin (5) (i) Lechevalier. Voyage en Troade, t. II, 4e partie. (2) Tome II. (3) Voyage en Russie, t. I, chap. 16 et 17. (i) Voyage dam lesparties méridionales de la Russie, t. VI, p. a88. (5) Gmelin père. Voyage en Sibérie.