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DJJON. 389 figure avec presque rien ; elle est absolument comme la gri- selte de Paris qui, avec un fichu, un colifichet, paraît en grande toilette; mais Dijon a, comme celte dernière, l'art de mettre chaque chose à la place qui lui convient. Toutefois, celte démangeaison de paraître pourrait bien perdre la capi- tale de la Bourgogne: elle ne voit pas où la mènent ses mœurs, elle ne préjuge point qu'elle marche à sa déchéance comme ville et position provinciales. Au lieu de se poser comme Lyon, comme Besançon, comme Rouen, comme Amiens, comme Aulun même, si Gères de leur nationalité, si désireuses de ne la mettre jamais en péril, Dijon s'attache à imiter Paris, il aime mieux être une mauvaise copie qu'un bon original, il est à la piste de toutes les nouveautés qui arrivent du monopole et de la centralisation, et tend de toutes ses forces à devenir faubourg de la capitale, comme Maçon est faubourg de noire métropole lyonnaise. Je ne crois pas que depuis que cette ville joue un rôle littéraire et arlistique plus fictif que réel, ses mœurs, sa littérature aient jamais été sérieuses, dans le monde du moins. Dijon a une grande réputation au point de vue de la littérature et de l'art; eh bien ! décomposons un peu cette renommée, que trouverons-nous ? Beaucoup d'esprit en société, beaucoup de finesse d'observation, une grande urba- nité, beaucoup de gens qui lisent et surtout qui causent. — Dijon est, sans contredit, la cité où, après Paris, on cause le mieux en France. La littérature dijonnaise se réduit à quel- ques phrases académiques échangées dans les salons, à quel- ques travaux dans le sein de l'Académie. A l'exception de M. deSainl-Mesmin qui, sans avoir beaucoup écrit sur l'art, le comprend à merveille ; de M. Frantin, qui a fait un ouvrage savant; de M. Bressia, que Dijon n'a point vu naître, et qui écrit des fables estimées ; de Mlle Antoinette Quarré, qui a pu- blié un recueil de vers ; de M. G. Peignot, qui sait beaucoup de choses, mais de ces choses qui ne répandent pas des idées,