Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
294              MÉMOIRE SUR L'ATLANTIDE.

vers l'approche de la nuit, pour prendre leur repos et vaquer
à leurs affaires particulières. La nuit venue, ils revenaient au
temple, et le feu qui consumait les victimes étant presque
éteint, chacun revêtu d'une riche robe de couleur bleue, s'as-
seyait près des restes des victimes consumées : [ils achevaient
d'éteindre le feu sacré, ils se jugeaient les uns les autres, et
ils examinaient mutuellement les diverses prévarications dont
ils s'étaient rendus coupables. Le jugement terminé et au le-
ver de l'aurore, ils gravaient les sentences qu'ils avaient pro-
noncées sur une table d'or et la suspendaient dans le temple
avec leurs vêtements de la nuit, pour l'instruction des siècles
futurs.
    « Les autres lois et les autres ordonnances sur les sacri-
fices étaientlaissées à la volonté de chacun des dix rois. Voici
les principaux points convenus entre eux : Ils ne devaient
jamais se faire la guerre, mais tous se secourir, si l'on atta-
quait quelqu'un des rois et sa famille. Quand, dans quelqu'une
des délibérations dont nous venons de parler, ils décidaient
quelque expédition de conquête, ou quelque guerre qui exi-
geât le concours de toute la nation, ils en donnaient le com-
mandement aux enfants d'Atlas. Les rois n'avaient le pou-
voir de faire mourir quelqu'un de leur famille, que d'après
l'avis du congrès et à la majorité de six voix.
    « Comment la Divinité permit-elle qu'une nation, si puis-
sante et si bien ordonnée, abandonnât sa patrie pour enva-
liir nos contrées? En voici la raison. Pendant plusieurs
siècles, ils ne perdirent point de vue leur auguste origine, ils
obéirent aux lois et furent religieux adorateurs des Dieux
qu'ils comptaient parmi leurs ancêtres. La sincérité régnait
dans leurs cœurs : ils n'avaient que des idées nobles et dignes
de leur race : la modération et la prudence dirigeaient toutes
leurs démarches et réglaient leurs rapports entre eux et avec
les étrangers, N'estimant que la vertu, ils faisaient peu de cas