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222                     DANTE, BOCCACE,

présente quelque contradiction avec les antécédents et les
conséquents, s'il offre une absurdité, alors on peut recourir
aux interprétations figurées, aux ironies, aux finesses du dis- ,
cours. Mais ici, en considérant de près ce danno délie carie, \
nous trouvons un sens net et clair, sans qu'il soit besoin de »
faire intervenir la consommation des parchemins, le dégât des
manuscrits. Que dit saint Benoît?

                                 La regola mia
          Rimasa è giù per danno délie carte.


 Cela peut signifier ou que le dégât des parchemins fait rester
 en bas la Règle, ou que la Règle restée en bas est devenue
 fatale aux parchemins. Le premier sens n'est pas raisonna-
 ble ; quel dégât de parchemins était capable de mettre bas la
 Règle de saint Benoît?
    Le second sens me semble raisonnable et vrai, c'est-à-dire
 que si la Règle est restée en bas, c'est au détriment des par-
 chemins ; et voici alors comment se présente l'explication du
 passage : Les moines ont mis de côté la Règle ; en d'autres
 termes, ne sont plus de bons moines, pour le malheur, ou bien
 au détriment des parchemins, c'est-à-dire, des lettres ou des
  éludes. Dante, qui savait assez ce que les moines avaient fait
 pour la conservation des lettres à l'époque de la barbarie ,
 quand ils étaient de bons moines, ne put s'empêcher de dé-
florer le malheur qui arrivait aux hélices, les moines n'étant
IpJus ce qu'ils avaient été.
    Lorsque Allighieri mettait dans la bouche de saint Benoît
 les vers connus de ce XXIIe chant du Paradis, il ne pensait
 ni au Mont-Cassin, ni à ce que les moines y faisaient. Depuis -^
 le 37e vers jusqu'au 51 e , il parle, non pas de l'Abbaye du <  ,
 Cassin, mais des antiques habitants de celte montagne qui /
 adoraient Apollon, et qui furent convertis à Jésus-Christ par '