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114                  MONOGRAPHIE HISTORIQUE

 leur, dont le nom (1) et les vestiges attestent l'importance
passée, n'a jamais cessé d'exister, quoique déchu. Il offri-
rait donc dans la question controversée des raisons assez spé-
cieuses en sa faveur ; mais les chroniques précises ne per-
mettent pas de lui décerner cette illustration nouvelle dont,
certes, il peut se passer. Les érudits interprèles de l'anti-
quité l'ont décoré d'une auréole assez brillante.
   Non, Briord n'a pas été ce pauvre village où, sous un toit
de chaume, un puissant monarque succomba aux atteintes
mortelles du poison, dans les bras de son épouse éplorée,
ayant à ses côtés cette sombre figure de Sédecias et ses ser-
viteurs consternés. Les chroniques de saint Bertin et de
Mabillon placent précisément celte scène dramatique au
pied du Mont-Cenis, non loin de la ville de Maurienne. Or,
ce pauvre village de Brios, c'est Aprivieux, nommé dans une
ancienne carte du duché de Savoie, Abriez (2), placé sur
l'ancienne route (3) du Mont-Cenis, à la base de cette
montagne.
   Après le règne débile de Louis-le-Bègue, fils de Charles-
le-Chauve, un homme, que la fortune prit dans un rang très
inférieur pour l'élever sur un trône, fut souverain du Bugey.
Cet homme est Boson. Il sut s'attirer la faveur de Charles-
le-Chauve, et l'exploiter avec habileté. Aucun moyen ne lui
répugnant pour arriver à ses fins, il usa du plus honteux.
Par ses artifices, il engage le roi à prendre pour concubine sa
sœur Richilde, qui, suivant l'astucieuse direction de son frère,
prit assez d'empire sur le cœur de son royal amant pour
devenir reine. Beau-frère d'un puissant monarque, Boson
se vit au comble des honneurs ; mais son ambition effrénée

  (i) Sous les Romains, son nom était Pretoria ; au moyen-âge, Bredoria.
  (2) Théâtre du Monde, par Blaeu. Amsterdam, i538.
  (3) Notice sur la mort de Charles-le-Chauve, adressée à l'Académie de
Chambéry, par M. Billet, évèque de Maurienne.