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DU BUGEY. 115 fendait encore plus haut en le poussant au crime. 11 empoi- sonna^), dit-on,sa femme pour épouser Hermingarde, la fille de l'empereur Louis, princesse aussi ambitieuse que lui. A la mort de Louis-le-Bègue, dont la faiblesse maladive avait laissé un vaste champ à toutes les usurpations, Boson, gouverneur de Vienne, convoque, près de cette ville, à Mantale, résidence royale, un synode de vingt-trois prélats, sous prétexte de ques- tions religieuses. Gagnés par ses promesses, intimidés par ses menaces, ces prélats, parmi lesquels était l'évêque de Belley, l'élurent roi d'une grande partie de l'ancien royaume de Bour- gogne. Ils motivèrent cette élection sur ce que les provinces, abandonnées, en proie à l'anarchie, exigeaient une main ferme pour les gouverner et les défendre contre les Normands qui les menaçaient d'une invasion, et contre les Sarrasins, qui, te- nant des positions fortes dans les Alpes, se livraient à des excursions et à des brigandages continuels (2). Trois ans après, en 882, les rois de France, Louis et Car- loman, viennent avec une puissante armée reprendre leurs provinces usurpées ; mais les hostilités des Normands qui avaient différé celle expédition, l'interrompent encore, et Boson reprend les provinces, celle de Mâcon exceptée. Char- les-le-Gros, successeur de Louis et deCarloman, se contenta du vain hommage de l'usurpateur. Pendant le règne de Boson, en l'année 888, le prince Rodolphe, fils de Conrad, comte de Paris, profilant des trou- bles suscités à la mort de Louis-le-Gros, s'empare des pro- vinces qui sont entre le mont Jura et les Alpes pénines, et prend le titre de roi de la Bourgogne transjurane. Dans ce nouveau royaume fut comprise la partie orientale du Bugey qui dépendait du diocèse de Genève, c'est-à -dire, SeysseJ, (i) Dom Plancher, Hist. de Bourg. — Chorier, Ilist. du Dauph. liv. X, pag. 686. (2) Dom Plancher, Uisl. de Bourg., liv. IV, pag. I 5 Q .