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logie par application d'un poisson de mer sanguinaire et vorace,
décrit et connu sous le nom de Malhevon.
Quant à la Compagnie de Jésus , c'est d'après notre corres-
pondant, par corruption seule qu'elle a ce nom dans le peuple.
Elle s'appelait Compagnie de Jéhu. Nous ne sommes pas de
son avis , car nous avons été à même de voir dans le cabinet de
M. Rosaz , des poignards, des boutons et autres insignes de
cette infernale compagnie, sur lesquels se trouvent gravés en
toutes lettres les mots de Compagnie de Jésus. C'était là , il faut
en convenir , une étrange profanation , que ce titre donné Ã
une société qui n'avait que le crime et le- meurtre pour objets.
I£S FKÈEES KTOX.HAC.
Nous avons consigné datis le tome 4 e de la Bévue du Lyon-
nais, deux beaux traits de dévouement fraternel, celui de
M. Montain et celui de M . J r ù y s e t , en voici un autre qui
n'est pas moins admirable et que nous extrayons du tome 3=
de Paris, Versailles et les Provinces, par M. Dugas de Bois-
Saint-Just.
« A l'époque trop connue sous le nom de règne de la Ter-
reur^ deux jeunes frères , également estimés à Lyon par
leur attachement mutuel e t p a r des vertus héréditaires, MM. de
Nolhac eurent le bonheur de désarmer la férocité de leurs
juges. Conduits ensemble au tribunal de sang qu'on appelait
la Commission temporaire, ils furent interrogés en présence
l'un de l'autre, et leurs réponses furent aussi uniformes que
franches. Cependant comme le caprice seul dictait les arrêts ,
l'ainé (1) fut condamné à mort, et le second absous. Mais
(1) L'ainé, M. J. B. M. de Nolhac, est auteur des Etudes sur Isaïe et d'une
traduction des Psaumes dont le premier volume a paru vers la fin de 1835.