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187 que le bruit a couru, elle n'eust pas pris fin sitost, et elle auroit exercé de bien plus grands rauages , dans une ville aussi peuplée que Lyon. Je me suis résolu de vous enuoyer ce petit < discours, par lequel vous verrez la vérité des faits et comme les choses se sont passées..... Depuis deux mois, la ville est exempte de tout mal et danger de contagion Nous pou- vons , après Dieu , attribuer au consulat, et à ces douze vrai- ment pères de la patrie (les Echevins) la soudaine délivrance de celte ville , lesquels, malgré toute leur préuoyance, ne purent tellement remédier au mal, que dès le mois de janvier il s'en decouurit quelque apparence en la citadelle et enuirons d'icelle. M. de Marulelot, gouverneur de Lyon, auerli par le seigneur Bertrand Caslel, voyeur de la ville, commença à useraueo les echevins de toutes les précautions qu'ils purent imaginer, pour obuier à ce que le mal n'alla pas plus auant, et cependant auec toute la dextérité possible afin de ne pas jeter l'allarme dans la ville et le commerce. Présumant que le mal s'étoil introduit dans la citadelle pour la pauureté et nécessité des soldats mal payés, mal couchés, mal veslus, et mal nourris, ils enuoyèrent à la citadelle nombre de malelatz et de couuertes ; ils firent dresser et bastir nombre de Cabanes pour loger séparément les malades; ils désignèrent des barbiers et médecins stipendiés du public pour visiter les morts et les malades; firent défense par toutes les églises de n'enterrer aucun corps certifié par le voyeur auoir esté visité par les médecins et chirurgiens à ce dépu- tés Toutefois le mal allant toujours croissant se répan- dit dans la plupart des rues, et principalement dans la pa- roisse de Sl-Nizier du Coté du Rhosne. Une assemblée de médecins et de notables fut convoquée à l'Hostel de ville, le 4 mars. Pierre Tolet, doyen des médecins y porta la parole; on reconnut que la peste existoit réellement dans la ville, mais quelle ne proueuoit pas de l'infection de l'air, qu'elle ne pouuoit procéder que d'un iléau de Dieu; ou bien d'apport de choses infectes et contagieuses; il fut résolu