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308                     LES DU VERNEY.

charmans, mais il s'étoit donné autant de soin pour les
retirer que d'autres s'en seroient donné pour les répandre.
Dans un âge un peu plus mûr, il avoit fait les plus grands
progrès dans toutes les sciences naturelles. Mais enfin il
avoit tourné toutes les pensées de son esprit et toutes les
affections de son cœur vers les biens célestes, ne voulant
plus avoir qu'une seule affaire. On nous a assuré qu'il
communioit tous les dimanches et fêtes et qu'il savoit
trouver dans son'calendrier, outre les féeries les moins
remarquables, nombre de jours à fêter encore.
    « Au reste M. du Verneyn'étoitpas un dévot par abus
 de terme. Ses moeurs étoient des plus austères et sa con-
 versation des plus douces ; il ne cherchoit ses aises en rien
 et mettoit ses amis on ne peut plus à leur aise. Mais le
 cercle de ses amis fut toujours assez étroit (1 ), il ne désiroit
 point de connaître le monde et son but étoit de n'en être
 point connu : aussi l'étoit-il fort peu. Tel lui croyoit fort
 peu d'esprit quoiqu'il en eût beaucoup, parce qu'il étoit
 modeste et timide. Les uns le croyoient fort pauvre et les
 autres fort riche, quoi qu'il ne fût proprement ni l'un ni
 l'autre ; parce que ceux-là jugeoient de sa fortune par la
 simplicité des habits qu'ils lui voyoient porter, et ceux-ci
 par la profusion de ses aumônes qui ne pouvoient rester
 toutes cachées quelque attention qu'il eût de les faire en
 secret. »
   Baron (2), dans sa Notice des médecins de Paris, cite
 Emmanuel-Maurice dnVerneyet nous apprend qu'il reçut
 le bonnet de docteur en 1718. On voit encore d'après ce
 qu'il en rapporte que tout absorbé qu'il était des pratiques

   (1) Feu M. Winslow fut jusqu'à la fin son ami le plus intime comme
cela devoit être. (Note de la Gazette).
   (2) Baron (Hyacinthe-Théodore). Compendiaria medicorum pari-
siensium notitia. Paris, 1752.